jeudi 12 juillet 2012

Une tromperie


Le Journal « Le Monde »… roulé dans la farine !

Notre journal de référence, vient d’être arnaqué par une minuscule SARL de publicité à l’en tête gonflée comme un trombone ! « Mediaction International », c’est son nom a fourni au Monde, moyennant finance, un supplément de 16 pages intitulé « Stratégies Internationales, Spécial Algérie », avec un faux entretien avec « Son excellence, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne démocratique et populaire ».

Notre « Quotidien Vespéral des Marchés », mené en bateau par un vendeur de pub à la sauvette !

C’est la panique à bord. Lisez le numéro des 8/9 juillet 2012, et vous serez édifiés. Le descendant du fondateur du journal, un « Beuve Méry », Alain, président de la Société des rédacteurs, s’offusque avec mesure : «  …Sur le fond, nous ne sommes pas hostiles à la Publicité, mais nous devons veiller à éviter tout mélange des genres… »

Sous le coup de cette effarante mistoufle le « Comité d’Éthique et de Déontologie » du Monde (sic) se réunit d’urgence et son président, un certain Lebègue Daniel, conclut, d’un trait, sans barguigner, à un « défaut de vigilance ». Cette magistrale interprétation des faits ne pouvait venir que d’un grand spécialiste, président de l’IFA, l'Institut Français des Administrateurs, qui se veut un véritable outil au service de la Place financière de Paris. Sans oublier qu’il préside aussi « Transparency International France », association se chargeant de lutter contre la corruption. Beau métier à connotation très « éthique » lorsqu’on sait que les banques, la BNP en tête, bien connu de notre purificateur, s’opposent à toute forme de « transparence », celle-ci contribuant à réduire leurs marges. (voir Le Monde du 10 juillet 2012 Affaire « Libor »).
Membre de six conseils d'administration (Alcatel, Technip, Gdf, Scor, Areva, Thales), Daniel Lebègue leur consacre, selon la presse, dix jours de travail par mois et connaît les dossiers « transparents » sur le bout des doigts. Chevalier de la légion d’honneur et de l’ordre du Mérite, Daniel Lebègue était bien l’homme de la situation. La « crédibilité » du journal, grâce à lui, ne souffrirait pas ; le mur étanche entre publicité et rédaction, un instant ébréché restait debout.

Un Mur de pacotille
Mais peut-on sérieusement imaginer que la publicité et la rédaction, au sein d’un même journal, puissent être isolées l’une de l’autre ? Si la raison veut qu’on ne fasse pas coexister l’art de la séduction allant jusqu’au mensonge (la réclame), avec une information ouverte et critique tentant de dessiller les yeux et l’esprit du lecteur (le journalisme), la réalité est toute autre. 

Dans « Le Monde » du mercredi 27 juin 2012, on peut lire : « …le directoire (du Monde) a présenté au Conseil de Surveillance une prévision de résultats, qui confirme en 2012 et pour la deuxième année consécutive, le retour du Groupe à une exploitation bénéficiaire, notamment grâce aux performances de « M. Publicité » et au succès du « Monde Week End » et de son magazine ».

Si ce sont les « performances » publicitaires qui permettent la survie du journal, les « performances » rédactionnelles sont accessoires et ne doivent pas entraver le développement des premières.

L’éthique, la déontologie, la simple morale commune ne font pas bon ménage avec la réclame. Il faut donc choisir. Ou séduire, aguicher, mentir ou faire œuvre pédagogique. Prétendre qu’une rédaction ne peut en aucun cas être influencée par la « manne publicitaire » et renoncer à éclairer sur ce qu’est cette manne, distraire grâce à l’artifice publicitaire, et effacer indirectement dans les esprits ce qui reste d’esprit critique et d’ouverture au monde réel est certainement plus qu’une faute. Louis Auguste Blanqui disait que parmi les crimes, celui qu’on ne pardonne pas est l’attentat contre les cerveaux.


Juillet 2012  Archie

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